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Contestation d'une décision d'AG : délais, motifs et procédure

Une décision votée en assemblée générale vous semble irrégulière ? Vous pensez que le vote a été mal compté ou qu'un copropriétaire n'a pas reçu sa convocation ? Il existe un délai strict pour agir en justice.

Sommaire
  1. Qui peut contester une décision d'assemblée générale ?
  2. Quel est le délai pour contester une décision d'AG ?
  3. Quels motifs permettent de contester une décision d'AG ?
  4. Comment engager une procédure de contestation ?
  5. Questions fréquentes

Qui peut contester une décision d'assemblée générale ?

Seuls les copropriétaires qui ont voté contre la résolution (opposants) ou qui étaient absents ou non représentés (défaillants) peuvent contester une décision d'AG, en application de l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Un copropriétaire ayant voté pour la résolution ne peut pas ensuite la contester.

Cette règle évite qu'un copropriétaire change d'avis après coup et bloque un vote qu'il a lui-même approuvé. Le procès-verbal d'assemblée générale (voir notre guide sur le PV d'AG) mentionne précisément qui a voté pour, contre, ou s'est abstenu. C'est ce document qui permet de vérifier votre statut de contestataire potentiel.

Selon l'ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement), les litiges liés aux assemblées générales figurent parmi les principaux motifs de conflit en copropriété, notamment autour des questions de majorité et de calcul des voix.

  • Copropriétaire opposant : a voté contre la résolution contestée.
  • Copropriétaire défaillant : absent, non représenté et non excusé lors du vote.
  • Copropriétaire ayant voté pour : ne peut pas contester la résolution en question.

Quel est le délai pour contester une décision d'AG ?

Le délai est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée générale, conformément à l'article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965. Passé ce délai, la décision devient définitive, même si elle est irrégulière sur la forme ou sur le fond.

Ce délai court à partir de la date de réception de la notification, et non de la date de l'assemblée elle-même. Depuis la loi n° 2024-322 et son décret d'application n° 2025-1292, la notification électronique est devenue le mode par défaut pour transmettre le procès-relatif à l'AG (art. 64 décret 67-223 du 17 mars 1967). La notification papier en lettre recommandée avec accusé de réception ne s'applique que si le copropriétaire l'a expressément demandée (art. 64-1).

Il est donc essentiel de vérifier la date exacte de notification reçue, disponible dans votre espace copropriétaire en ligne si votre syndic en propose un. Un retard, même de quelques jours, ferme définitivement la porte à toute action.

  • Point de départ : date de notification du PV, pas date de l'AG.
  • Durée : deux mois calendaires, non renouvelables en règle générale.
  • Notification électronique par défaut depuis le 25 décembre 2025.

Quels motifs permettent de contester une décision d'AG ?

Deux types de motifs existent : les irrégularités de forme (convocation tardive, absence de quorum, ordre du jour non respecté) et les irrégularités de fond (abus de majorité, décision contraire à la loi ou au règlement de copropriété). Le juge apprécie au cas par cas si l'irrégularité justifie l'annulation.

Une convocation d'AG envoyée hors délai, un ordre du jour incomplet, ou un défaut de quorum peuvent constituer des motifs recevables. Sur le fond, une décision peut aussi être annulée si elle traduit un abus de majorité, c'est-à-dire un vote pris dans l'intérêt exclusif de certains copropriétaires au détriment des autres.

En règle générale, le juge examine si l'irrégularité a eu une influence réelle sur le résultat du vote. Une simple erreur de forme sans conséquence sur la décision finale n'aboutit pas toujours à l'annulation. Pour votre cas particulier, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit de la copropriété.

  • Irrégularités de forme : convocation, ordre du jour, quorum, majorité mal appliquée.
  • Irrégularités de fond : abus de majorité, décision illégale ou contraire au règlement.
  • Le juge évalue l'impact réel de l'irrégularité sur le résultat du vote.

Comment engager une procédure de contestation ?

La contestation se fait par assignation devant le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble, dirigée contre le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic. Il est fortement conseillé de se faire assister par un avocat, notamment pour respecter les délais et formuler des demandes précises.

La procédure implique de déposer une assignation motivée avant l'expiration du délai de deux mois. Le tribunal compétent est celui du lieu où se situe l'immeuble. Le syndicat des copropriétaires est la partie défenderesse, représentée par le syndic en exercice, et non par les copropriétaires ayant voté la résolution contestée.

En cas d'urgence, il est possible de demander au juge une suspension provisoire de la décision contestée, mais cela reste exceptionnel : la contestation ne suspend pas automatiquement l'exécution de la résolution votée.

  • Assignation à déposer devant le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble.
  • Le syndicat des copropriétaires est visé, représenté par le syndic.
  • La décision reste applicable pendant la procédure, sauf suspension ordonnée par le juge.

Questions fréquentes

Peut-on contester une décision d'AG après le délai de deux mois ?

En règle générale, non. Passé le délai de deux mois après notification du procès-verbal, la décision devient définitive, même en cas d'irrégularité. Seules des situations exceptionnelles, comme une fraude caractérisée, peuvent parfois être examinées différemment par un juge.

Un copropriétaire absent peut-il contester une décision d'AG ?

Oui, à condition de n'avoir donné aucune procuration et de ne pas avoir voté par correspondance en faveur de la résolution. Ce statut de copropriétaire défaillant lui ouvre le droit de saisir le tribunal judiciaire dans le délai légal de deux mois.

La contestation suspend-elle l'exécution de la décision votée ?

Non, en règle générale. La décision reste applicable pendant toute la durée de la procédure judiciaire. Une suspension provisoire peut être demandée au juge en cas d'urgence avérée, mais elle reste rare et soumise à son appréciation.

Faut-il obligatoirement un avocat pour contester une décision d'AG ?

La représentation par avocat n'est pas systématiquement obligatoire selon le montant du litige, mais elle est fortement recommandée. La procédure implique des délais stricts et des règles de fond techniques qu'un professionnel maîtrise mieux qu'un particulier.

Quelle différence entre irrégularité de forme et de fond ?

L'irrégularité de forme concerne le déroulement de l'AG (convocation, quorum, ordre du jour). L'irrégularité de fond concerne le contenu même de la décision, comme un abus de majorité. Les deux peuvent justifier une annulation si le juge estime qu'elles ont faussé le résultat.

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