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AG en visioconférence : mode d'emploi pour votre copropriété

Organiser une assemblée générale en visioconférence est désormais possible sans texte dérogatoire. Mais beaucoup de copropriétaires ignorent les règles exactes : qui peut y participer, comment voter, et quels risques en cas d'erreur de procédure ? Voici l'essentiel pour ne pas invalider votre prochaine AG.

Depuis quand la visioconférence est-elle légale en AG de copropriété ?

La visioconférence en assemblée générale de copropriété est encadrée par l'article 17-1 A de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, créé par l'ordonnance n° 2019-1101 du 24 octobre 2019, entrée en vigueur le 1er juin 2020. Les modalités pratiques ont été précisées par le décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020.

Avant 2019, aucun texte n'autorisait formellement la participation à distance lors d'une assemblée générale de copropriété. L'ordonnance n° 2019-1101 du 24 octobre 2019 a comblé ce vide en insérant l'article 17-1 A dans la loi du 10 juillet 1965. Ce texte pose le principe : un copropriétaire peut participer et voter depuis chez lui, à condition que les règles de procédure soient respectées.

Le décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020, complété par un arrêté du même jour, précise les exigences techniques : le dispositif doit permettre d'identifier le participant, de lui transmettre en continu les délibérations, et de lui donner la parole en temps réel. Pour approfondir les règles générales de l'assemblée générale, consultez notre guide complet de l'assemblée générale en copropriété.

Selon les données de l'ANIL, la dématérialisation des procédures de copropriété a connu une forte accélération depuis 2020, source ANIL, dossier copropriété 2023. Cette évolution répond à une demande réelle des copropriétaires souhaitant participer sans se déplacer.

  • Texte de référence : art. 17-1 A loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
  • Entrée en vigueur : 1er juin 2020.
  • Modalités techniques : décret n° 2020-834 + arrêté du 2 juillet 2020.

Faut-il une autorisation préalable pour organiser une AG en visioconférence ?

Oui. Pour qu'un copropriétaire puisse participer en visioconférence, le règlement de copropriété doit le prévoir, ou l'assemblée générale doit l'avoir autorisé par un vote préalable. Sans cette base, la participation à distance n'est pas valable et peut fragiliser les décisions prises.

L'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 subordonne la participation par visioconférence à une décision collective. En pratique, deux situations existent : soit le règlement de copropriété intègre déjà cette possibilité, soit l'AG vote une résolution spécifique pour l'autoriser. Ce vote relève en général de la majorité de l'article 24 (majorité des voix exprimées des présents, représentés et votants par correspondance).

Même autorisée, la visioconférence ne s'impose pas à tous. Chaque copropriétaire choisit librement de participer en présentiel ou à distance. Le syndic doit préciser dans la convocation à l'assemblée générale les modalités techniques d'accès : lien de connexion, identifiants, procédure de test préalable si disponible.

Si votre copropriété n'a pas encore voté cette autorisation, le conseil syndical peut proposer d'inscrire la résolution à l'ordre du jour de la prochaine AG. Notre article sur le rôle du conseil syndical détaille comment formuler cette demande.

  • Autorisation requise : règlement de copropriété ou vote en AG.
  • Majorité applicable pour le vote d'autorisation : en général art. 24.
  • Le syndic doit mentionner les modalités techniques dans la convocation.

Comment le vote en visioconférence fonctionne-t-il concrètement ?

Le copropriétaire qui participe en visioconférence est assimilé à un présent : ses voix comptent pour le quorum et pour le calcul des majorités. Il peut s'exprimer en temps réel et voter sur chaque résolution. En cas de coupure de connexion, il est considéré comme défaillant pour les résolutions restantes.

Cette assimilation au présent est le point central de l'article 17-1 A al. 2. Elle distingue la visioconférence du vote par correspondance, qui lui, enregistre le vote avant la séance. Un copropriétaire en visio participe au débat en direct et peut modifier sa position selon les échanges, comme s'il était dans la salle.

En revanche, si la connexion est interrompue de façon prolongée, le texte prévoit que ce copropriétaire est réputé défaillant pour les résolutions non encore votées au moment de la coupure. Il ne peut pas voter sur ces résolutions après coup. Le procès-verbal doit alors mentionner cet incident pour en garder la trace. Pour comprendre comment rédiger ce document, lisez notre article sur le procès-verbal d'assemblée générale.

Le syndic ou le président de séance doit s'assurer en début de réunion que chaque participant à distance est bien identifié et que sa connexion est stable. Un test de connexion avant l'AG est fortement recommandé, même si aucun texte ne l'impose formellement.

  • Participant en visio = présent pour le quorum et les majorités.
  • Vote en temps réel, après débat contradictoire.
  • Coupure de connexion = défaillant pour les résolutions suivantes.
  • Le procès-verbal doit mentionner tout incident de connexion.

Quelles sont les obligations du syndic pour une AG en visioconférence ?

Le syndic doit mentionner dans la convocation les modalités techniques de connexion. Il doit choisir un dispositif qui garantit l'identification des participants, la retransmission continue des débats et la possibilité de prendre la parole. Il est responsable du bon déroulement technique de la séance.

L'arrêté du 2 juillet 2020 fixe les caractéristiques minimales du dispositif : identification fiable de chaque participant, transmission audio et vidéo en continu, possibilité d'intervention orale. Des outils grand public comme Zoom, Teams ou Meet peuvent convenir, à condition que ces exigences soient remplies. Le syndic doit vérifier ce point avant de choisir la solution.

La convocation doit indiquer le lien d'accès, la procédure de connexion et, si possible, un contact technique en cas de problème. Ces informations s'ajoutent aux mentions obligatoires habituelles. Pour les délais de convocation et les mentions requises, notre article sur les délais de convocation à l'AG fait le point.

Si votre syndic ne propose pas encore cette option alors que votre règlement l'autorise, vous pouvez le demander formellement par écrit. Un syndic numérique comme Coprovia intègre ces outils dans son fonctionnement courant. Découvrez les fonctionnalités de Coprovia pour évaluer ce que votre syndic devrait vous offrir.

Pour les copropriétés de grande taille, la visioconférence réduit aussi les coûts logistiques liés à la location d'une salle. Cela peut contribuer à réduire les charges de copropriété sur le poste frais de gestion.

  • Mentionner les modalités techniques dans la convocation : lien, procédure, contact.
  • Choisir un dispositif conforme à l'arrêté du 2 juillet 2020.
  • Assurer l'identification des participants et la retransmission continue.
  • Conserver une trace des incidents techniques dans le procès-verbal.

Questions fréquentes

La visioconférence est-elle obligatoire si un copropriétaire le demande ?

Non. La visioconférence doit être autorisée par le règlement de copropriété ou par un vote en AG. Même si elle est autorisée, aucun copropriétaire ne peut l'imposer au syndic de façon unilatérale. C'est le syndic qui organise les modalités pratiques dans le respect des textes.

Un copropriétaire peut-il voter à la fois par correspondance et en visioconférence ?

Non. Ces deux modes de participation sont distincts. Un copropriétaire choisit l'un ou l'autre avant l'AG. Participer en visioconférence signifie voter en temps réel pendant la séance. Le vote par correspondance est exprimé avant la réunion et vaut pour les résolutions telles que présentées dans la convocation.

Que se passe-t-il si la connexion coupe en pleine AG ?

Selon l'article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965, le copropriétaire dont la connexion est interrompue est considéré comme défaillant pour les résolutions non encore mises au vote. Il ne peut pas rattraper ce vote après coup. L'incident doit être consigné dans le procès-verbal.

Quel dispositif technique utiliser pour une AG en visioconférence ?

L'arrêté du 2 juillet 2020 impose un dispositif permettant d'identifier chaque participant, de retransmettre les débats en continu et de donner la parole en temps réel. Des solutions courantes (Teams, Zoom, Meet) peuvent convenir si elles respectent ces critères. Le syndic valide et organise le choix.

La visioconférence change-t-elle les majorités requises pour voter ?

Non. Les majorités restent identiques : article 24 pour les décisions courantes, article 25 ou 26 pour les décisions importantes. Le participant en visioconférence étant assimilé à un présent, ses voix sont comptabilisées normalement dans le calcul des majorités et du quorum.

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