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Dégât des eaux en copropriété : comment fonctionne la convention IRSI ?

Une tache apparaît au plafond, l'eau coule du logement du dessus. Entre voisin, syndic et assureurs, personne ne sait qui doit payer. La convention IRSI répond justement à cette question.

Sommaire
  1. Qu'est-ce que la convention IRSI ?
  2. Comment sont classés les sinistres selon la convention IRSI ?
  3. Qui doit déclarer le sinistre au syndic ou à l'assureur ?
  4. Quels sont les délais d'expertise et d'indemnisation ?
  5. Qui paie les travaux de réparation en copropriété ?
  6. Questions fréquentes

Qu'est-ce que la convention IRSI ?

La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeubles) est un accord entre assureurs qui organise la gestion des dégâts des eaux en copropriété. Elle fixe qui indemnise, qui expertise et sous quels délais, pour les sinistres dont le montant est inférieur à 5 000 € hors taxes.

Avant cette convention, un dégât des eaux touchant plusieurs logements pouvait entraîner des mois de blocage entre assureurs, chacun attendant que l'autre reconnaisse sa part de responsabilité. La convention IRSI, entrée en vigueur le 1er juin 2018, simplifie cette gestion en désignant un assureur pilote selon des règles précises. Pour comprendre le cadre général de l'assurance en copropriété, il est utile de connaître les garanties obligatoires du syndicat.

Cette convention concerne la majorité des sinistres du quotidien. Selon l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement), les dégâts des eaux représentent une part très importante des sinistres déclarés en copropriété chaque année, ce qui explique pourquoi une procédure standardisée était nécessaire (ANIL, Les sinistres en copropriété).

  • S'applique aux sinistres dégâts des eaux, mais aussi incendie de faible ampleur
  • Concerne les logements et les parties communes d'un même immeuble
  • Ne remplace pas les garanties du contrat, elle organise leur mise en œuvre

Comment sont classés les sinistres selon la convention IRSI ?

La convention distingue trois catégories : la catégorie 1 pour les dommages jusqu'à 1 600 € hors taxes, la catégorie 2 pour les dommages entre 1 600 € et 5 000 €, et la catégorie 3 pour les sinistres complexes ou dépassant 5 000 €, qui sortent du cadre de la convention.

Cette classification détermine qui gère le dossier et sous quelle procédure. En catégorie 1, l'assureur de l'occupant (locataire ou propriétaire occupant) du logement sinistré gère seul l'indemnisation, sans expertise obligatoire. En catégorie 2, un expert unique est mandaté pour évaluer l'ensemble des dommages, y compris ceux touchant plusieurs lots ou les parties communes.

Au-delà de 5 000 €, ou lorsque le sinistre implique une recherche de fuite complexe, la convention IRSI ne s'applique plus. Le dossier suit alors la procédure classique de droit commun, avec expertises séparées pour chaque assureur concerné. Cette limite explique pourquoi il est important de bien documenter l'ampleur des dégâts dès la déclaration de sinistre en copropriété.

  • Catégorie 1 : jusqu'à 1 600 € HT, gestion simplifiée sans expert
  • Catégorie 2 : de 1 600 € à 5 000 € HT, expert unique désigné
  • Catégorie 3 : au-delà de 5 000 €, sortie du cadre IRSI

Qui doit déclarer le sinistre au syndic ou à l'assureur ?

Chaque partie déclare ce qui la concerne : l'occupant déclare le dégât des eaux touchant son logement à son propre assureur, et le syndic déclare séparément les dommages affectant les parties communes à l'assurance de la copropriété. Les deux démarches sont complémentaires, pas substituables.

En pratique, dès la découverte d'une fuite, il faut prévenir le syndic rapidement, surtout si l'origine semble se situer en partie commune (colonne d'évacuation, toiture, canalisation collective). Le syndic a l'obligation d'assurer l'immeuble au titre de ses missions générales définies par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. Le rôle exact du syndic dans ce type de situation est détaillé dans l'article sur les obligations du syndic.

De son côté, le copropriétaire ou le locataire victime du sinistre doit déclarer les dégâts subis dans son propre logement à son assureur multirisque habitation, dans le délai contractuel prévu (généralement cinq jours ouvrés). Un retard de déclaration peut compromettre l'indemnisation, il vaut donc mieux agir vite et conserver photos et devis.

  • Déclaration côté occupant : dégâts dans le logement privatif
  • Déclaration côté syndic : dégâts en parties communes
  • Les deux déclarations peuvent concerner le même sinistre

Quels sont les délais d'expertise et d'indemnisation ?

En catégorie 2, l'expert unique dispose en règle générale d'un délai encadré par la convention pour réaliser son rapport après sa désignation, puis l'assureur gestionnaire propose une indemnisation dans les semaines suivantes. Ces délais restent indicatifs et varient selon la complexité du dossier.

La convention IRSI prévoit un calendrier resserré comparé aux procédures classiques, justement pour éviter les blocages entre plusieurs compagnies d'assurance. L'assureur désigné comme gestionnaire du sinistre pilote l'ensemble de la procédure, y compris les échanges avec le syndic si des parties communes sont concernées.

Ces délais restent des objectifs conventionnels entre assureurs et non des délais légaux opposables devant un tribunal. En cas de retard important ou de désaccord sur l'expertise, le copropriétaire ou le syndic peut solliciter un avocat pour faire valoir ses droits. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé, notamment si le montant du sinistre est élevé.

  • Désignation de l'expert par l'assureur gestionnaire
  • Rapport d'expertise transmis dans un délai encadré par la convention
  • Proposition d'indemnisation après réception du rapport

Qui paie les travaux de réparation en copropriété ?

Le paiement des travaux dépend de la localisation des dommages : les réparations en parties communes sont financées par le syndicat des copropriétaires puis remboursées par l'assurance de l'immeuble, tandis que les réparations en parties privatives relèvent de l'assurance de l'occupant concerné.

Le syndic avance parfois les frais de réparation urgente pour éviter l'aggravation du sinistre (arrêt d'une fuite, bâchage de toiture), avant remboursement par l'assureur. Ces travaux d'urgence entrent dans le cadre plus large de l'entretien de l'immeuble en copropriété, qui distingue les interventions courantes des réparations liées à un sinistre.

Si le sinistre révèle un défaut d'entretien préexistant (canalisation vétuste, étanchéité dégradée), la question de la responsabilité peut se complexifier et sortir du cadre strict de la convention IRSI. Dans ce cas, il est recommandé de consulter le carnet d'entretien de la copropriété pour objectiver l'état des équipements avant le sinistre.

  • Parties communes : avance par le syndicat, remboursement par l'assurance immeuble
  • Parties privatives : prise en charge par l'assurance de l'occupant
  • Travaux d'urgence : possibles avant expertise complète, sous conditions

Questions fréquentes

La convention IRSI s'applique-t-elle à tous les dégâts des eaux ?

Non, elle s'applique aux sinistres dégâts des eaux et incendies de faible ampleur, sous 5 000 € hors taxes. Au-delà de ce montant, ou pour des sinistres plus complexes, la procédure classique de droit commun s'applique, avec expertises séparées entre les assureurs concernés.

Qui désigne l'expert en cas de sinistre en catégorie 2 ?

L'assureur gestionnaire du sinistre, désigné selon les règles de la convention IRSI, mandate un expert unique. Cet expert évalue l'ensemble des dommages, qu'ils touchent un ou plusieurs logements, ou les parties communes, ce qui évite les expertises multiples et contradictoires.

Que se passe-t-il si l'origine de la fuite reste introuvable ?

La recherche de fuite fait partie de la procédure d'expertise. Si l'origine reste incertaine après expertise, le dossier peut sortir du cadre IRSI et suivre une procédure classique, avec un délai souvent plus long pour trancher la responsabilité entre les parties.

Le syndic peut-il refuser de déclarer un sinistre en partie commune ?

Non, en règle générale, le syndic doit déclarer sans délai tout sinistre touchant les parties communes à l'assureur de l'immeuble. C'est une mission qui découle de sa gestion courante de la copropriété. Un refus ou un retard injustifié peut engager sa responsabilité.

Un locataire doit-il déclarer lui-même le sinistre ?

Oui, le locataire occupant le logement sinistré doit déclarer les dégâts à son propre assureur multirisque habitation. Il informe aussi le propriétaire bailleur et le syndic si l'origine semble provenir des parties communes de l'immeuble.

Un syndic réactif face aux sinistres

Un dégât des eaux mal suivi peut coûter cher et durer des mois. Découvrez comment un syndic organisé accompagne la copropriété à chaque étape du sinistre.

  • Suivi transparent des déclarations et des expertises
  • Communication claire avec les copropriétaires concernés

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